samedi 24 septembre 2016

25 juillet au 18 août 2016 - Ouzbékistan... de rentrer!


Le passage douanier ouzbèke nous prend une heure. Nous devons remplir un formulaire, indiquer le montant exact d'argent que nous avons, nos valeurs, etc. Il faut ensuite passer toutes nos sacoches aux rayons X, puis les vider. Les médicaments sont inspectés un par un, tandis qu'un douanier passe en revue les photos et vidéos de nos appareils électroniques, commentaires en sus. Téléphone portable, ordinateur, appareil photo, tout y passe. Il repère une photo prise à Dushanbe d'un bâtiment en construction et nous demande s'il peut la récupérer sur sa clé USB, car un pote à lui travaille sur ce chantier, il veut la lui montrer. On croit rêver... Plus loin, un médecin prend notre température pour s'assurer que nous n'entrons pas avec une fièvre quelconque. Passé la frontière, il s'agit de changer des dollars au marché noir, contre une imposante liasse de soms ouzbèkes. Avec un taux de change deux fois plus avantageux que le taux officiel, le marché noir est ton ami. Bienvenue en Ouzbékistan!

"Attends, il faut que je recompte, j'ai perdu le fil là..."
Lorsque nous pouvons enfin reprendre notre route avec James, nous décidons de pousser jusqu'à Denov, la première ville d'importance après la frontière. C'est plat, les champs de cotons qui ont asséché la Mer d'Aral se succèdent autour de nous, nous avalons les kilomètres sans difficulté jusqu'à la nuit tombée... Il est 22 heures lorsque nous arrivons à Denov, nous avons pédalé plus de 100 km depuis notre départ de Dushanbe ce matin. Le premier hôtel que nous trouvons est beaucoup trop cher. Nous en dégotons un deuxième où l'on nous annonce que c'est complet, puis fermé (?!)... Nous nous asseyons sur les marches, dépités. Passe alors Murat, un homme d'un certain âge qui rentre à la maison. Spontanément il nous invite à passer la nuit chez lui. Heureux de pouvoir dormir ailleurs que sur un banc, on ne se fait pas prier. Murat, débonnaire retraité, vit seul dans une baraque très sommaire, sa femme est décédée il y a quelques années. La douche est au fond du jardin, un baquet d'eau froide tirée à la pompe et une tasse, derrière un paravent bricolé. Enfin un peu de fraîcheur... Murat nous offre de la pastèque et de la vodka en signe de bienvenue, mais nous tombons de sommeil. Nous avons la chance de dormir sur l'estrade dehors sous la moustiquaire, tandis que James est installé sur un matelas à l'intérieur. La chaleur est telle que malgré le ventilateur il passe la nuit à suer...

Au matin Murat va nous acheter des nan (les pains ronds et plats qu'on trouve dans toute l'Asie Centrale) et nous offre de la pastèque, du raisin, des figues de son arbre, des oeufs durs. Les voisins passent les uns après les autres, apportant l'un du riz pilaf, l'autre des fruits de son jardin, un troisième des blinis... Le petit-déjeuner se transforme en vrai festin... Ismail, l'un des voisins plutôt nanti, se fait un devoir de nous «kidnapper» chez lui. Il nous force quasiment la main, alors que nous avons décidé de prendre le train pour Samarcande au plus tôt. Il faut dire qu'aucun de nous n'a envie de rouler sur les routes monotones d'Ouzbékistan, par une chaleur infernale. Après la route des Pamirs, nous avons beaucoup de peine à retrouver la motivation de pédaler. Notre seule envie ici est de visiter les villes mythiques de la route de la Soie, Samarcande, Boukhara et Khiva.

Notre hôte Murat nous gâte! Nous mangeons, installés sur l'estrade
où nous avons dormi sous moustiquaire
Tout ça! Et la saucisse tadjike de James

Avant de se rendre à la grande maison d'Ismail, James et Jonas parviennent à s'esquiver pour aller se renseigner sur les horaires et billets de train. Ils apprennent qu'il n'y a plus de billets pour Samarcande aujourd'hui. Pas de bol. Pendant ce temps Emma se fait offrir un accoutrement local du plus bel effet. 

Nous passons le reste de la matinée chez Ismail, dans une chambre luxueuse à l'air conditionné, assis devant une nappe remplie de victuailles. Alors que nous sommes déjà rassasiés, il nous faut continuer de manger pour faire honneur à l'invitation. Sa femme fait des allers-retour, déposant devant nous de la soupe, des fruits, des amandes et des noix, des biscuits, des bonbons. Elle ne s'assiéra jamais avec nous...

Une demi-heure plus tard... C'est reparti!
La maîtresse de maison et ses deux filles. Emma reçoit une superbe robe traditionnelle
ouzbèke. L'avantage, c'est que c'est pratique à vélo...

Ismail nous conseille de préparer une petite liasse de billets à mettre dans la poche du contrôleur pour pouvoir prendre le train sans ticket. Il nous indique même le montant «convenable». Plein de confiance nous allons à la gare, pépères, notre liasse en poche. Le train arrive. À la hussarde, nous embarquons notre montagne de sacoches et nos trois vélos dans le wagon de queue. S'ensuit une longue tentative de corruption sur divers employés du train et fonctionnaires, qui échoue lamentablement et se termine par l'intervention d'un flic à deux doigts d'embarquer Jonas au poste. La mort dans l'âme, nous laissons tomber et redescendons tout notre barda sur le quai. Nous reste une solution, l'auto-stop. Nous roulons jusqu'à la sortie de la ville, nous arrêtons à l'abri du soleil brûlant et attendons une bonne aubaine.

Après une centaine de kilomètres passés à l'arrière d'un pick-up et l'envol inopiné du saucisson tadjik de James, nous débarquons à Termez, la ville la plus au sud de l'Ouzbékistan, aux portes de l'Afghanistan. Nous allons bientôt apprendre que c'est aussi la ville la plus chaude du pays. Après avoir cette fois-ci dûment acheté nos billets pour Samarcande, nous passons la journée du lendemain à errer de café à air conditionné en restaurant à air conditionné, attendant le train du soir. Dehors il fait presque 50 degrés au soleil, le vent venu d'Afghanistan souffle, recouvrant toute la ville de sable, opacifiant l'air. Un enfer sur terre.

Trois vélos à l'arrière d'un pick-up

Arrivés à Termez, les garçons imitent les locaux et se rafraîchissent
dans un canal à l'eau saumâtre

Petit-déjeuner au sable
 Dans le train-couchettes nous continuons de dégouliner jusqu'à la nuit. On se prépare des pâtes dans la cabine du contrôleur, on échange quelques mots avec nos voisins de banquette grâce à notre russe brinquebalant. Après une nuit peu reposante, le train nous dépose à l'aube à Samarcande. Nous roulons dans les rues désertes, passons au devant de splendides monuments que la foule des touristes n'a pas encore envahi. Assis sur un muret devant une porte d'entrée, nous savourons le nan tout chaud que nous venons d'acheter, lorsqu'un homme en costume sort de la maison pour prendre son bus. Nous apercevant, il retourne à l'intérieur et nous rapporte une théière pleine et 3 tasses, puis saute dans le bus suivant. Nous sommes une fois de plus bluffés par le sens de l'hospitalité des Ouzbèkes. Le petit-déjeuner terminé, nous déposons la théière et les tasses sur le seuil de sa maison et allons chercher notre hôtel.

James aux fourneaux dans le train de nuit

C'est ici que nos routes se séparent avec James, nous ne sommes pas dans le même hôtel et nous n'avons pas le même planning. Nous passons 4 jours à visiter la ville et ses nombreux monuments à l'architecture timouride, tous plus beaux les uns que les autres. L'imposante place du Régistan et ses trois médersas, la mosquée et le mausolée Bibi Khanum, la nécropole Shah-I-Zinda, le mausolée de Gur Emir... On ne boude pas notre plaisir, faisant fi des critiques des spécialistes jugeant les restaurations successives beaucoup trop invasives, voire carrément fantaisistes. 

Le Régistan ("Place des Sables") à la tombée de la nuit
Les cellules d'une des médersas
La Mosquée Bibi Khanum
Le mausolée Gur Emir
Le cimetière et les mausolées de Shah I Zinda
Shah I Zinda, une allée de mausolées (ça rime)
Les magnifiques calligraphies
Céramique
Les femmes, encore et toujours au labeur
On a emprunté un gosse pour la photo. On l'aurait bien ramené, comme Angelina

Durant ces quelques jours de visite, nous faisons nos adieux à James. Nous sautons dans le train direction Boukhara. Dans notre charmante guesthouse en plein centre historique, nous commençons à nous préoccuper de notre visa turkmène. Depuis des semaines, les voyageurs en sens inverse que nous rencontrons nous rapportent que l'obtention dudit visa est une grosse loterie; la rumeur court que seulement une personne sur cinq l'obtiendrait à l'heure actuelle. C'est l'un des pays les plus fermés au monde. De nombreux cyclistes ont été obligés de traverser la Mer Caspienne depuis l'Azerbaïdjan pour atteindre l'Asie Centrale, le Turkménistan faisant office de verrou entre l'Iran et l'Ouzbékistan.

Sans trop y croire, nous avons tout de même déposé notre demande de visa à Dushanbe, mais n'avons pas eu suffisamment de temps pour attendre la réponse sur place. Nous avons insisté pour qu'elle nous soit communiquée par email, provoquant la mauvaise humeur du fonctionnaire de l'ambassade. En théorie, si la demande de visa est acceptée, un code est transmis également par email, à présenter à la frontière turkmène pour recevoir le précieux stempel. Quatre matins de suite nous réquisitionnons le patron de notre guesthouse à Boukhara pour appeler l'ambassade turkmène à Dushanbe. La réponse est invariable: «toujours en cours de procédure, rappelez demain à la même heure.» Cela fait plus de 10 jours que nous avons déposé notre demande, nous commençons à comprendre que ça sent le roussi pour le Turkménistan, et par la force des choses pour l'Iran par voie terrestre. Il va falloir trouver un plan B...


Chor Minor (4 minarets)
Le souci du détail
La vieille ville de Boukhara et ses bulbes
Un joyeux foutoir
Médersa Po I Kalon et son minaret

La statue du derviche Nasreddine, tout heureux avec ses gamins

Médersa reconvertie en hôtel
Nous faisons définitivement une croix sur la traversée du Turkménistan au moment où nous nous embarquons dans un taxi partagé pour Khiva, 500km plus au nord. Reste la question cruciale: et maintenant, quoi? Dans tous les cas, il nous faut remonter au Kazakhstan, qui ne nécessite pas de visa. Mais ensuite? Un vol Aktau-Téhéran? Ou Aktau-Istanbul? Le ferry pour l'Azerbaïdjan? On évite soigneusement la question en se baladant en long en large au sein des murailles en terre de la petite citadelle de Khiva. Nous arrivons le soir de la Fête Internationale du Melon (si si), il y a du monde partout et une avalanche de melons et pastèques de toutes les tailles, couleurs et formes. On se fait offrir chacun notre melon, c'est très pratique pour visiter la ville. Pour la petite histoire, il faut dire que ce sont les meilleurs melons qu'on ait jamais goûté...
Des melons en veux-tu en voilà

Sculpture sur pastèque

Minaret Kalta Minor (minaret court)

Vue de Khiva depuis le minaret Islam Khodja

Ruelle de Khiva
La forteresse Kounya Ark et le minaret Kalta Minor
Mosquée Ak (mosquée blanche)
Nous faisons un tour sur la Grande Roue. Ça grince, les sièges sont fissurés
et les tubulures rouillées. On se demande à quel moment notre nacelle va se décrocher. 
En descendant, le proprio nous confie que la roue a 35 ans, elle date de l'ère soviétique

De Khiva, nous reprenons nos vélos pour 50 km, puis montons en début de soirée dans un taxi partagé pour Kungrad. Des heures de route en ligne droite dans le désert, Emma coincée à l'arrière avec 2 grands gaillards, Jonas à l'avant, un sac de melons sous les genoux. Le chauffeur se met à grignoter frénétiquement des graines de tournesol afin de ne pas s'endormir au volant. Il est trois heures du matin lorsque nous arrivons à Kungrad. Notre chauffeur nous envoie dormir dans une chambre miteuse que loue pour 1.30.- chf l'une de ses connaissances sur place (on ne se sera pas ruiné au moins). Lui dort dans son taxi dans le garage, nos vélos encore sur le toit et nos sacoches dans son coffre. Au matin il nous dépose à la gare et nous embarquons dans le train direct pour Aktau, Kazakhstan.

Nouveau passage frontière. Nous présentons au douanier les tampons des hôtels où nous avons dormi. On nous avait prévenu, en Ouzbékistan il est impératif de s'enregistrer toutes les 3 nuits dans un hôtel sous peine d'amende prohibitive (un moyen pour l'Ouzbékistan de générer un maximum de nuitées à l'hôtel). Bref, on agite fièrement nos petits billets tamponnés sous son nez comme de bons élèves. Il hausse les sourcils, ne comprend pas ce dont il s'agit. Autant pour les «on-dit» et «il faut»... Au vu du nombre de nos sacoches, il renonce à fouiller quoi que ce soit. À peine a-t-il le dos tourné que les employés du train démontent des grilles d'aération et en sortent tout un fourbi, des dombras (luth d'Asie Centrale), des énormes pastèques, des légumes en tout genre... Le spectacle nous fait bien marrer.

On débarque à Aktau au matin, bien déphasés. Nous revoilà au Kazakhstan, cette fois-ci sans réelle envie, sans idée pour mener à bien la dernière partie de notre voyage. Nous sommes en latence, un peu largués. Il nous faudra quelques jours pour parvenir à prendre une décision, nous avons beaucoup de mal à tirer un trait sur l'Iran et la Turquie, dont les gens nous parlent avec tant d'enthousiasme. Mais l'idée de rouler en Iran par plus de 40 degrés, en manches longues, pantalons longs (et voile pour Emma) nous décourage. Nous sommes impatients de retrouver l'Europe (et il faut bien l'avouer, sa cuisine) et nous finissons par réserver un vol pour Athènes. Un gros coup d'accélérateur et une nouvelle page de notre voyage qui se tourne.

La vue sur Aktau depuis la fenêtre d'Erol, notre hôte warmshower, au 18ème étage
Un bain dans la Mer Caspienne
Trois fois rien, quoi!


"Les paysages ont été si beaux, nos estomacs jamais en paix.
Nos vélos brinquebalés, nos pneus crevés, un réchaud pété, mes jantes cassées.
Beaucoup de cyclistes rencontrés, des cols de fous à des altitudes insensées.
Des beaux lacs salés, des homestays infestées de punaises de lit.
Des shashliks de mouton, des plovs, mantis, beshbarmak et des soupes
en tout genre, sur 4 mois, peu de diversité.
Bazaars aux belles ambiances.
Au revoir et merci l'Asie Centrale."

Extrait du Journal de Bord de Jonas

jeudi 18 août 2016

18 juin au 25 juillet 2016 - Tadjikistan, ou "Les Malheurs de Jonas", par la comtesse de Cédur

Une fois passée le poste-frontière kirghize, l'ascension est longue pour atteindre le col Kyzylart (4280 m). Les derniers virages en lacets sont d'une inclinaison bien barbare et nous coupent le souffle et les jambes. Au col souffle un vent fou, nous ne nous attardons pas. Nous dévalons la piste jusqu'à la frontière tadjike que nous atteignons à 17 h. Nous sommes surpris par la rapidité des formalités, nos passeports sont visés et tamponnés en un tour de main. Nous voici donc enfin sur la célèbre "Pamir Highway", route du Pamir, ou plus tristement "route de la drogue". Selon notre ami Wikipedia, il s'agirait de la deuxième plus haute route du monde, après celle de Karakorum qui relie la Chine au Pakistan. Nous nous apprêtons à traverser la région autonome du Haut-Badakhshan, province montagneuse qui couvre environ 45% du territoire tadjik mais ne contient que 3% de la population. Pour y accéder, il nous a fallu obtenir un permis spécial en plus de notre visa.

Passé le poste-frontière, une piste de tôle ondulée descend vertigineusement dans une immense plaine désertique aux allures lunaires. Nous sommes heureux de nous laisser propulser par un bon vent de dos, nous roulons au maximum avant de poser le camp.

Le fameux bouquetin qui veille sur le col Kyzylart.
L'incontournable des photos de cyclos.
Bienvenue au Tadjikistan!
Premiers coups de pédale sur la mythique Pamir Highway (si si, Highway). Notez le magnifique exemplaire de "tôle ondulée". Ça secoue!
Bordant la frontière avec la province chinoise du Xinjiang, la Pamir Highway suit sur des centaines de kilomètres une imposante clôture de barbelés. Derrière s'étend un immense no man's land entre les deux pays.

Le bivouac est planté à la tombée du jour, à 4100 m d'altitude. Superbe plateau, un vent à décorner les derniers argalis Marco Polo du coin... et un réchaud qui choisit ce moment-là pour tomber en rade, malgré trois nettoyages successifs ! La pompe est morte, plus moyen d'avoir une flamme pour nos repas. Pas moins de 9h de vélo, 1100 m de montée, un campement à plus de 4000 m d'altitude et la seule chose que l'on pourra manger ce soir sera une salade de concombres et tomates.... Voilà de quoi mettre le couple à rude épreuve. Jonas est dans ses p'tits souliers (rappelez-vous, dans l'épisode précédent, il avait crânement refusé de racheter un réchaud) et Emma fait la gueule "tu fais caquer de jamais écouter c'qu'on t'dit!". Le lendemain matin, on aurait donné notre royaume pour un thé chaud, mais après de nouvelles tentatives de lavage et démontage du réchaud, toujours rien. On se met en route, l'ambiance est morose. Le souffle court, Jonas s'arrête pour récolter quelques brindilles et bouts de bois pour un éventuel feu de camp pour le soir. James nous rattrape dans la montée, et propose de nous donner son réchaud à alcool fabriqué avec une canette en alu. Bon, cela va nous dépanner le temps que l'on puisse racheter un réchaud, on pourra à nouveau manger des repas chauds. 

Un petit col nous gratifie d'une superbe vue sur le lac Karakul. Nous nous laissons glisser avec bonheur dans la plaine qui s'étend sous nos yeux. Sur le chemin qui mène au village de Karakul, nous croisons 8 cyclistes et un Hollandais qui traverse le pays à pied en tirant un chariot (!). Dans le hameau nous nous arrêtons pour partager avec James et Adrian un repas frugal à base de mantis (sorte de dumplings), puis reprenons la route qui longe le magnifique lac aux eaux turquoise.

Freedom!
Karakul
Karakul
Le lac dans son écrin de montagnes
En route pour le col Ak-Baital avec James
Camping lunaire en compagnie de James et Adrian
Nous roulons sur de belles lignes droites asphaltées, puis sur de la tôle ondulée du pire acabit avant d'entamer l'ascension du célèbre col Ak-Baital, 4655 m, le Graal de tous les cyclo-voyageurs au Tadjikistan. La montée, toujours sur de la piste, est bien raide. L'oxygène est plus rare à cette altitude, nous avons le souffle un peu court, mais heureusement pas de signe de mal de l'altitude.

Le soleil tape méchamment à cette altitude
Ak-Baital, c'est au fond à gauche
On se prépare à attaquer la montée du col
Le panneau, au pied de la montée.
On ne se lasse pas du décor environnant
Le petit point noir au fond c'est Jonas
On a réussi!
James et Adrian savourent également leur exploit
La vue de l'autre côté du col est saisissante. Un maelström de couches géologiques aux tons ocres et blanchâtres nous laisse sans voix. La descente est goudronnée, quel confort! Nous nous laissons glisser, aidés par un léger vent dans le dos. En route pour Murghab, nous avisons un joli spot de camping sur l'herbe, au bord du ruisseau prenant sa source au col Ak-Baital. L'eau est fraîche, mais que diable! Nous y prenons le bain, afin de nous décrasser de la poussière collée à la transpiration de ces derniers jours.

De l'autre côté du col, un vrai tableau!
On se sent tout petit dans un tel environnement
Un fort joli bivouac
Le lendemain nous parvenons à Murghab en début d'après-midi, le moral et le physique dans les chaussettes (surtout Jonas qui a plus de prise au vent). En effet, nous nous sommes pris un puissant vent de face sur les 35 km de descente. Notre vitesse moyenne frisant les 10km/h, nous avons largement dépassé le temps escompté pour une telle distance. Nous retrouvons nos 2 acolytes anglais James et Adrian à l’Hôtel Pamir. Perchée à 3650 m d'altitude, Murghab est la plus haute ville du Tadjikistan et d'ex-URSS. Nous décidons d'y prendre un jour de pause. Jonas sillonne la ville pour trouver une pharmacie qui vende de l'alcool à 95% pour le réchaud-canette, puis on descend au bazaar pour remplir nos sacoches de victuailles.

Des panneaux bien cryptiques
Clint Eastwood Jonas arrive dans un grand état de détresse psychologique, après avoir peiné sous le vent contraire
Murghab city, Haut-Badakhshan, 3650 m d'altitude, moins de 4000 habitants
Déjà plus de 400 km depuis Osh...
Station-service locale
Depuis Murghab, nous nous payons quotidiennement un fort vent de face. Nous avalons péniblement 30 à 40 km par jour. Et pour trouver un lieu de bivouac à l'abri du vent, on oublie! Nous rejoignons Alichur, puis, une vingtaine de kilomètres plus loin nous quittons la M41 pour descendre au village tant rêvé de Bulunkul, avec son beau lac salé du même nom et ses mythiques sources chaudes en plein air. En descendant les 16 km de piste très mauvaise pour rejoindre le lac, Jonas ne trouve rien de mieux à faire que de casser sa jante avant... Quelle poisse ce vélo! L'ambiance est plombée, Emma et James avaient vu juste, il aurait fallu changer les 2 jantes à Osh. Que faire, nous sommes perdus au fin fond du Pamir avec une jante fendue. Doutes et questionnements... Nous mangeons notre souper en silence, la larmichette à l'oeil, attaqués par des nuées de moustiques affamés. Pour la suite, la nuit portera conseil. Au lendemain de cette fâcheuse mésaventure, on décide de rejoindre à pied le village de Bulunkul à 4 km, avec la jante rafistolée au duct tape. Arrivés au hameau, un groupe de villageois s’attroupe autour du vélo. L'un d'eux propose d'encoller la jante avec de la superglue 2 composants. Pourquoi pas, ce n'est pas comme si on avait le choix. Un peu sceptiques, nous observons les mecs embardoufler la jante de colle chinoise...

Km 523, et toujours un sale vent de face!
Des marmottons insouciants jouent hors de leur terrier, sans trop se préoccuper de notre présence...
Une guesthouse à Alichur
La mosquée d'Alichur
Dans toute l'Asie Centrale, l'heure est au lavage des tapis, l'affaire des femmes.
On fait ça dans l'herbe, sur le trottoir, parfois même sur la route. Et ça frotte,ça frotte, ça rince...


Sur sa fidèle monture, Clint fonce vers son destin
Le lac salé Sasykkul
Bulunkul. Abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici...
Le lac salé Bulunkul. Lisse comme un miroir... et infesté de moustiques 
Lac de Bulunkul. Au matin, l'ambiance n'est pas à la fête... 
Bulunkul, le trou du cul village du bout du monde
C'pas la Coop City hein
Collage de jante. Du travail de pro!
Fatigués de nos émotions et exténués par la chaleur, nous laissons tomber l'idée de monter aux sources d'eau chaude, d'autant que le point GPS qu'on nous a refilé pour les trouver est bien foireux (Hein Éric! Fessée!). Nous demandons une voiture pour nous reconduire sur la M41, nous voulons nous épargner les 16 km de piste en sens inverse, histoire de ménager la jante (et nos mollets). Un taxi s'organise: dernier réglage sous le capot et quelques litres d'essence, on réalise que les habitants ne quittent pas souvent ce village perdu au milieu de nulle part. Nous réussissons à insérer les vélos dans la fourgonnette, et partons après des adieux sympathiques aux villageois. Nous quittons à peine le village que la voiture tombe déjà (!) en panne. Plus moyen de démarrer! Un mécano, grosse barbe, lunettes RayBan et salopette kaki, sera notre sauveur. Il lui faudra pas moins d'une demi-heure de bricole pour faire redémarrer l'engin. Nous sommes sauvés des griffes de Bulunkul. De retour sur la Pamir Highway M41, Emma exprime son souhait de passer quoi qu'il en soit par la vallée de la Wakhan qui longe la rivière Panj, mais Jonas pense qu'il serait plus approprié de rester sur l'asphalte de la M41, avec sa jante en sursis. On imagine devoir prendre des chemins différents quelque temps, mais comment partager les affaires, la tente et le matériel de cuisine? Et en fait, on n'a pas envie de se séparer. Alors, en route pour les quelques 300 km de piste endiablée, et advienne que pourra! Jonas dégonfle un peu le pneu avant, roule doucement à la descente et slalome entre les cailloux de la longue montée du col Kargush culminant à 4130 m.

Le lac Chukurkul, idéal pour un beau bivouac.
Pour Jonas, la descente de l'autre côté se fera intégralement sur le frein arrière, le frein avant étant inutilisable. Acérée et infranchissable, l'imposante chaîne de l'Hindu Kush se dévoile à nous. À cheval sur la frontière pakistano-afghane, son sommet le plus élevé plafonne à 7708 m. Jonas rêve d'ascension tandis qu'Emma croque les reliefs enneigés. Le soleil brille et le vent souffle encore et toujours face à nous!

Au fond, l'Afghanistan...
Descente du Col Kargush, on est crevé et fait pas chaud!
L'important, c'est de regarder dans la même direction.
La descente dans la vallée de la rivière Pamir
La tumultueuse rivière Pamir. Plus loin, elle s'unit à la Wakhan pour former la Panj, frontière naturelle avec l'Afghanistan
Un vrai tableau de peintre romantique
Ça c'est du bivouac ma bonne dame! Fenêtre avec vue sur l'Hindu Kush
La route caillouteuse, à flanc de montagne sur des kilomètres
Du gaz sous les roues
Enfin, nous apercevons la vallée de la Wakhan en contrebas
En arrivant à Langar, le premier village de la vallée (2800 m), nous sommes surpris de voir tant de verdure, des allées ombragées, bordées d'arbres, des champs de céréales, de petits canaux d'irrigation au bord des chemins, tout cela dans un précis enchevêtrement de murs de pierres sèches. Après la rareté de la végétation sur les plateaux à 4000 m, nous redécouvrons avec bonheur le vert et les couleurs des fleurs. Nous avons gagné plusieurs degrés, les sandales ressortent du sac... Nos profitons d'une nuit dans une homestay locale, avec une douche et un bon repas.

Étonnamment, la jante collée a plutôt bien tenu le coup jusqu'ici. Plus d'une centaine de kilomètres de cailloux, de "tôle ondulée", de passages à gué et de bancs de sable! Toutefois, Jonas assure ses arrières en rajoutant du duct tape sur la colle qui tend à craquer. Poursuivant notre évolution dans cette vallée tantôt verdoyante, tantôt désertique, nous longeons la rivière Panj qui fait office de frontière naturelle avec l'Afghanistan sur 1200 kilomètres. Chemin faisant, nous découvrons avec bonheur des sources d'eau minérale riche en fer, jaillissant de la roche par de petits tuyaux. On s'en remplit une bonne bouteille et on pense aux fontaines de Scuol. Nous traversons des petits villages qui se ressemblent, principalement des maisons de pierre sèche et de mortier, au toit plat, quelques-unes en briques recouvertes de terre, et même de belles maisons en dur de type russe.

Si le nord et l'est du Pamir sont habités majoritairement par des Kirghizes semi-nomades turcophones, la population pamirie, de langue iranienne, se concentre elle essentiellement dans la vallée du Panj. Les Pamiris sont ismaéliens, un courant minoritaire chiite, où la femme est l'égale de l'homme. Les Tadjiks sont eux sunnites. Vous nous suivez? Pour en savoir plus sur le sujet, voici un article très intéressant: http://www.iris-france.org/docs/kfm_docs/docs/analyses-iris/2012-07-pamir-rene-cagnat.pdf

Depuis notre entrée au Tadjikistan, il ne se passe pas une journée sans que nous ne rencontrions quelques cyclistes. La plupart des cyclos voyagent dans l'autre sens. Sachant ce qui les attend, nous leur souhaitons bonne ascension, heureux d'avoir fait ça à la descente... Aujourd'hui, nous croisons un Hollandais et un Slovène, puis un Français, Nicolas, et un Australien, Ben, avec qui nous bivouaquons. Nous partageons le repas avec 2 réchauds à benzine, ça va plus vite. Jonas sort son réchaud à alcool pour le café du lendemain. On échange nos expériences et autres péripéties, on rigole un peu et nous nous couchons sous un ciel tout étoilé.

Cyclistes de l'extrême
Et nous voilà dans la vallée de la Wakhan. Encore de la piste et du sable pour un bon moment!
La porte d'un Mazar (sanctuaire) pamiri. Ici reposent les reliques d'un saint homme
Les sources minérales ferrugineuses
Un aventurier polonais, en route pour le Pamir en moto de la 2ème Guerre Mondiale
Une aventurière portant sur des centaines de kilomètres de route non-asphaltée
 les lourdes sacoches avant de son compagnon qui a la jante pétée!
La montagne, ça nous grise!
Peintures traditionnelles sur le mur d'enceinte d'un musée local.
Ruelle d'un village wakhani
La vallée est fertile
Parfois, pour changer de l'ordinaire, un peu d'asphalte tout défoncé
En compagnie de Ben l'Autralien, nous continuons notre progression en direction d'Ishkashim. 60 km avant la ville, c'est au tour de Jonas d'être terrassé par une grosse tourista qui le vide de toute son énergie, entre autres. Durant la nuit il lui faut sortir de la tente plusieurs fois pour se soulager, malgré la tempête de sable qui s'abat sur le bivouac. Au lendemain, fiévreux et déshydraté, il prend la décision d'attendre sur place un 4x4 qui pourra le prendre en stop. Par chance, le premier véhicule qui passe (et il n'y en a pas beaucoup dans le coin) s'arrête et l'embarque avec le vélo sur le toit, direction Ishkashim où un hôtel avec une douche et un bon lit l'attendent. Pendant ce temps, Ben et Emma luttent toute la journée contre le vent de face tempétueux pour atteindre la ville. C'est parfois pénible la vie de voyageur-cycliste!

Depuis Ishkashim, il reste 2 journées de vélo jusqu'à Khorog. Nous sommes depuis 10 jours en face de l'Afghanistan, avec ses petits villages de terre accrochés au flanc de la montagne. Mimant de grosses barbes, les locaux nous racontent que les Talibans font des apparitions dans cette partie du pays. Nous n'observons pourtant que des fermières aux habits colorés et au visage découvert et des paysans accompagnés de leur âne.

Peu après Ishkashim, on dégote un bassin d'eau chaude à côté de la Panj. Un vrai régal!
On abuse des selfies
Des patchs de verdure côté afghan
Ben et Jonas s'octroyent une petite sieste
 À Khorog, Jonas dégote une jante nue dans la vitrine d'échange de matériel de la Pamir Lodge. Entre deux passages aux toilettes, il entreprend de rayonner la jante trouvée. Le problème est que son axe a seulement 32 trous alors que cette jante en a 36. Avec l'aide et les conseils de Jordi, un cyclo-mécano de Barcelone, ils réussissent tout de même à faire tourner la roue de manière plutôt correcte, bien que certains rayons soient lâches. À chaque tour de roue ça couine, mais ça devrait tenir jusqu'à Dushanbe, où Jonas espère trouver une nouvelle roue complète..

Dans une petite épicerie de Khorog, nous nous faisons spontanément inviter par un jeune docteur pour venir prendre le repas du soir chez lui. Nous rencontrons son épouse, une femme brillante et douce qui travaille au sein d'Helvetas pour l'aide au développement de son pays. Lui a étudié la médecine au Pakistan et elle a fait un Master à l'Université de St Andrews. Tous deux parlent un anglais quasiment parfait et sont très cultivés. Nous réalisons combien la doctrine ismaélienne place la femme sur un même pied d'égalité que l'homme. Tous deux évoquent avec passion l'Aga Khan, leurs croyances, leur travail et leurs espérances pour le futur. Sous le charme nous les quittons, reconnaissants pour leur accueil simple et généreux. 

Jordi montre à Jonas comment rayonner sa roue
Les belles enseignes peintes du Tadjikistan
Un mariage pamiri dans les rues de Khorog
Les paysages qui nous environnent nous plaisent énormément, mais notre santé est très fluctuante. Dès le petit matin, il commence à faire très chaud, la route n'en finit pas avec ses "up and down", alors qu'on descend la rivière. Trois jours après son rétablissement à Khorog, Jonas attrape un coup de chaud. Cette insolation lui vaut une grosse fièvre accompagnée d'une nouvelle diarrhée. Les symptômes ont apparu juste avant de s'effondrer sur les nattes de la première homestay qu'on trouve, 45km avant Kalaikhum. Encore une journée dans le coltar, couché sur les matelas ou assis sur les toilettes. Pas drôle! Le jour suivant c'est au tour d'Emma de se sentir fébrile et de visiter fréquemment les toilettes. Alors qu'on aurait voulu partir tôt pour bénéficier de quelques heures de fraîcheur, nous sommes incapables de reprendre la route. On n'attend plus que d'arriver à la capitale, pour pouvoir se retaper de notre aventure pamiri. Mais c'est encore à 350 km, alors il faut prendre son courage à deux mains...

Lorsqu'enfin nous quittons la homestay, la tête dans les choux, il fait déjà une chaleur écrasante. Il nous faut pas moins de 5h pour avaler péniblement les derniers 45 km avant Kalaikhum où nous prenons un nouveau jour de pause.

En face, l'Afghanistan. Mystérieux et malheureusement à jamais interdit pour nous
Pause de midi dans une chaikana
Ben et Emma posent (pausent) sur la route de Kalaikhum
Village afghan en contrebas
Des paysages grandioses
Les grands-mères de la homestay où nous avons comaté un jour entier
Les pêcheurs de la Panj
Chaleur écrasante... 
Encore et toujours de la piste, encore et toujours la Panj, boueuse
Les facétieux gamins de Kalaikhum.
Au Tadjikistan, le mono-sourcil est un critère de beauté chez les femmes.
Pour rallier Dushanbe il existe deux possibilités: la route du sud, plus longue mais plus facile car asphaltée en majeure partie, et la route du nord, qui implique de passer le col Sagirdast (3252 m), c'est-à-dire une montée de 2000 m sur de la piste dégueulasse. N'étant tous les deux pas très en forme, nous optons avec regret pour la route du sud, dans l'idée de faire du stop jusqu'à Dushanbe. Nous continuons donc à descendre au bord de la rivière Panj sur environ 70 km.

Visite du Camion Dentiste dans les villages du Tadjikistan.
Bon, Emma va encore attendre un peu pour son implant.
Le lendemain, après le repas de midi, on trouve un camionneur qui veut bien nous prendre avec lui jusqu'à Dushanbe, à 300 km au nord. Il faudra attendre jusqu'en fin de journée pour qu'il démarre, car la route est fermée au trafic des camions jusqu'à 20h, à cause de travaux sur une grande portion de la route. Heureusement, on peut rester allongé des heures sur les matelas de notre chaikana pour attendre. Et aussi en profiter pour boire deux guêpes avec le thé et se retrouver avec une langue qui a doublé de volume (Emma). Comme si les piqûres de punaises de lit ne suffisaient pas...

Bref, le camion démarre lorsque le soleil commence à disparaître, remorquant un collègue dont l'engin est en panne. Du coup on roule à 15 km/h autant en montée qu'en descente, sur les 30 premiers km, on est vert! Il finit par larguer son boulet à une station de réparation, juste avant de s'engager dans la montée du col. C'est ainsi que nous quittons le Haut-Badakhshan. Notre camionneur bourru, dont on ne saura jamais le nom, s'arrête vers 2 h du mat au bord de la route et nous invite à dormir sur la banquette à l'arrière. Emma reste sur le siège passager, pendant que Jonas trouve le sommeil sur le matelas. On somnole 3 h et on repart au petit matin. Les vélos sont posés à plat dans le conteneur sur des énormes cailloux. On espère les retrouver moins cassés que nous à l'arrivée! Monsieur nous dépose 20 km avant la capitale, à 10 h du matin. Le voyage nous aura coûté 200 somoni (45 chf) et duré 14 h pour 300 km, soit du 20 km/h de moyenne !

On rejoint facilement la Greenhouse Hostel où nous rencontrons d'innombrables cyclistes, en route soit depuis l'Europe, soit depuis la Chine, ou comme nous depuis le Kirghizistan. Nous retrouvons également James, qui est arrivé bien avant nous à Dushanbe. Ici nous pouvons «enfin» nous reposer, mettre à jour le blog, essayer de retaper nos estomacs et déposer nos demandes pour les visas iranien, ouzbèke et turkmène. Nous restons une semaine dans cette sympathique auberge dont les chambres sont dotées d'air conditionné. Par contre, de nombreux voyageurs tombent malades les uns après les autres. C'est impressionnant. Jonas n'y échappe pas, son estomac refait des siennes plusieurs jours durant! C'est vraiment sans fin...

Jonas apporte sa roue à réparer au bazaar. Il paie environ 30 francs suisses pour faire rerayonner la jante trouvée à Khorog, sur le vieux hub de James qui a le bon nombre de trous (le hub, pas James). Jonas pense s'être un peu fait rouler sur le prix du travail, mais au moins ça permettra de rentrer! 

Nous reprenons la route un lundi, accompagné de notre ami James, en direction de la redoutée frontière ouzbèke... Fouillage en règle de tous les bagages, y-compris ordinateur, appareil photo et téléphone portable. De quoi passer un bon moment.

Dushanbe, le mur des Réformateurs 
Une ville en pleine expansion
Sur la route pour l'Ouzbékistan. Un dîner shashliks avec notre ami James, le British fou!